La dysgraphie et la graphothérapie présentées par Elise Harwal

Environ 25 % des enfants présentent des difficultés d’écriture et 9% des enfants sont dysgraphiques. La dysgraphie fait partie des « troubles dys » telles que la dyslexie, la dyspraxie, la dysorthographie… auxquelles elle est fréquemment associée. Comment la repérer ? Comment la rééduquer ?

Article proposé par l’équipe atouKIDS, avec Elise Harwal, graphothérapeute, formatrice et auteur, à Paris et Fleury les Aubrais (45).


Bonjour Elise, parlez-nous de vous : quel est votre parcours ?

J’ai suivi un cursus universitaire en Sciences du Langage (qui a pour but de décrire et d’expliquer le fonctionnement du langage humain dans toutes ses dimensions) dans l’objectif de devenir professeur des écoles. Au cours de mon master, je découvre la graphothérapie. Après des recherches sur le métier de graphothérapeute, j’ai eu la chance de rencontrer des professionnels qui m’ont ouvert leur porte et permis d’approfondir mes connaissances en assistant à des séances de rééducation. Suite à ces échanges et immersions, j’ai eu un véritable coup de cœur pour cette profession qui concilie ma passion des Lettres et mon envie de travailler avec les enfants.

En 2016, je me forme au métier de graphothérapeute au sein du CNPG (Centre National de Psycho-Graphologie) à Paris. J’obtiens mon diplôme en mai 2016 avec une belle moyenne de 15/20 et m’installe en libéral à Paris et à Fleury les Aubrais (45).

Afin de compléter mes connaissances je continue depuis à me former avec différents cursus :

  • L’Interprétation du Dessin (c’est-à-dire mieux connaître l’enfant à travers ses dessins)
  • La Graphothérapie Clinique (c’est-à-dire la connaissance théorique et clinique approfondie des troubles de l’écriture d’ordre pathologique)
  • La réflexologie palmaire
  • Les réflexes archaïques (RMTI 1, 2, 3) et “ Prêt pour l’école”
  • La Métacognition : pour apprendre à apprendre

 

Quelles sont aujourd'hui vos activités ?

Je suis donc actuellement graphothérapeute en libéral. Je propose aussi des formations et des conférences pour les professionnels, les enseignants et les parents.

 

Comment définiriez-vous la dysgraphie ?

D’après Julian Ajuriaguarra, neuro-psychiatre, « est dysgraphique un enfant chez qui la qualité de l’écriture est déficiente alors que généralement aucun déficit neurologique ou intellectuel n’explique cette déficience ».

Les difficultés d’écriture peuvent apparaître à tout moment de la vie et être plus ou moins sévères. Quelques signes d’alerte existent chez les enfants et adolescents :

  • Son écriture est illisible
  • Ses cahiers sont mal tenus (sales, raturés…)
  • Il fait un blocage par rapport à l’écriture
  • Sa tenue du stylo est mauvaise
  • Il est en échec scolaire à cause de son écriture
  • Il n’arrive pas à terminer ses devoirs sur table à temps
  • Il est gaucher et a du mal à trouver une bonne position
  • Il a des problèmes d’apprentissage de l’écriture
  • Son écriture est douloureuse (crampes, mal à l’épaule, au poignet, aux doigts…)
  • Il est anxieux, et manque de confiance en lui lorsqu’il écrit
  • Il a du mal à maîtriser la vitesse de son écriture (lenteur ou vitesse excessive)
  • L’adolescent qui ne peut pas arriver à apprendre ses cours parce qu’ils sont incomplets et illisibles
  • L’adolescent, de lui-même, souhaite recevoir des conseils pour améliorer son écriture.

La dysgraphie peut complexer le patient et avoir des répercussions sur sa scolarité, son estime et sa confiance en soi, il est donc important de traiter le problème.


La graphothérapie est une réponse à ce dysfonctionnement. De quoi s’agit-il précisément ?

La graphothérapie est le traitement des difficultés d’écriture et de la dysgraphie chez l’enfant, l’adolescent ou même l’adulte. Dans d’autres termes c’est la rééducation fine de l’écriture. L’objectif est d’aider le patient à avoir une écriture lisible et rapide (en concordance avec son âge), sans douleur ni fatigue.

L’écriture est importante à tout âge car elle sert à communiquer. Cependant, pour l’enfant, elle reste principalement liée à l’activité scolaire. Le graphothérapeute est là pour aider votre enfant à reprendre sa scolarité en main !

 

Comment une rééducation se déroule-t-elle ?

Une rééducation se déroule en plusieurs étapes :

  1. Anamnèse : Après un premier contact souvent par téléphone, j’envoie par mail l’anamnèse qui sera à me retourner complétée le jour du bilan. Celle-ci me permet d’avoir des renseignements sur le patient (la civilité, la santé, la scolarité, les bilans d’autres spécialistes et le motif de la consultation) afin de mieux le connaître et adapter au mieux la rééducation.
  1. Bilan Graphomoteur : Je réalise un bilan complet afin de savoir si une rééducation de l’écriture est nécessaire et si l’enfant a besoin de consulter d’autres spécialistes. Le patient reste seul avec moi environ 1H30/ 2 heures. A la suite un bilan écrit est envoyé.
  1. Séances De Rééducation : Si une rééducation s’avère nécessaire, les séances sont hebdomadaires et durent 45 minutes. Elles suivent un plan de rééducation personnalisé et adapté aux difficultés, à la personnalité et à l’âge du patient. Pendant les séances des exercices ludiques et pédagogiques sont proposés afin d’aborder les points posant des difficultés au patient. Grâce à ces exercices le patient va acquérir le bon geste, retrouver le plaisir de l'écriture et reprendre confiance en soi !

Le nombre de séances est variable en fonction des difficultés et de la motivation du patient.

La graphothérapie s’appuie sur des techniques spécifiques. Le graphothérapeute se base sur les travaux de Julian Ajuriaguerra (Neuropsychiatre et Psychanalyste) et Robert Olivaux (Docteur en Psychologie).

 

Quels conseils d’accompagnement pouvez-vous donner aux parents ?

Si votre enfant présente des difficultés d’écriture, il est important de faire vérifier sa vue et de lui faire passer un bilan pour connaître l’origine de ses difficultés.

Le choix de l’outil scripteur et du support est important :

  • Le stylo à bille est à éviter car il favorise une mauvaise tenue car pour une efficacité maximale il doit être tenu à la verticaPrivilégiez le lignage Séyès Bicolore.
  • La tenue du stylo, le placement de la feuille et la posture ont une influence sur l’écriture. Je vous joins ce document très bien fait : voir document de Agnès Daubricourt en lien.

Les lignes d’écriture ne sont pas la solution ! L’enfant doit d’abord travailler sa motricité fine, les formes pré-graphiques… pour avoir des fondations solides pour aborder l’écriture. Pinterest est riche en idées et vous trouverez en bas de l’article des ouvrages pour vous aider.

Enfin, parlez-en à son enseignant qui pourra mettre des choses en place pour l’aider en classe.

 

Vous avez également publié un livre en septembre 2019, que contient-il ?

J’ai eu la chance de pouvoir écrire un livre qui s’intitule : “100 idées pour accompagner les enfants dysgraphiques”, éditions Tom Pousse, dont vous pouvez retrouver quelques extraits ici. (Extrait : https://fr.calameo.com/read/005370624a7fb8df18b66).

Il contient des conseils et astuces pour bien entrer dans l’écriture ou modifier les mauvaises habitudes, tout en redonnant confiance à l’enfant.

Au fil des pages, vous découvrirez les étapes du développement de l’écriture, des idées ludiques pour travailler la mobilité digitale, les formes prégraphiques ou encore les lettres… et des suggestions pour aider les enfants présentant une écriture illisible, lente, douloureuse, un blocage face à l’écrit…

Des cas concrets seront présentés (enfants en CP, en primaire, adolescents, multi-dys, avec phobie scolaire, enfants et adultes avec pathologies…), ainsi que le métier de graphothérapeute, spécialiste dans la rééducation de l’écriture. 

Cet ouvrage est destiné aux parents et aux enseignants, mais aussi à toutes les personnes côtoyant des enfants et des adolescents, quel que soit leur profil (haut potentiel, TDA/H, avec trisomie, multi-dys…) et soucieux de leur écriture.

L’essentiel est de donner ou de redonner le plaisir d’écrire.

Pour conclure, je dirais qu’à l’ère du numérique, l’écriture manuscrite reste indispensable. N’oubliez pas : “ Ecrivez des lettres d’amour parce que cela va être difficile de trouver des mails au grenier dans 40 ans ”.


Pour aller plus loin :

  • "Jeux d'éveil à l'écriture", d'Agnès Daubricourt, Editions Eyrolles
  • "Apprendre à écrire aujourd’hui" , de Françoise Estienne et Carlotte Marcilhacy, Editions de DeBoeck
  • " Aider son enfant à être à l'aise avec l'écriture", de Stéphanie Couturier, Editions Marabout
  • " La rééducation de l'écriture de l'enfant et de l'adolescent", de Florence Montesquieu et Chantal Thoulon-Page, Editions Elsevier Masson


Elise Harwal, graphothérapeute, formatrice et auteur, à Paris (75) et Fleury les Aubrais (45).


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