Portrait de Doriane Patard, éducatrice spécialisée et future art-thérapeute

Doriane Patard travaille dans l’accompagnement depuis 10 ans ; éducatrice spécialisée depuis 2015, elle commence une formation en art-thérapie pour soutenir des personnes en situation de handicap ou en grandes difficultés sociaux-culturelles. Elle nous raconte son parcours.

Article proposé par l’équipe atouKIDS, avec Doriane Patard, éducatrice spécialisée.

Bonjour Doriane, quel est votre parcours ?

Plus jeune, j’hésitais entre deux voies : un métier d’Art ou un métier qui me paraissait « utile » pour les autres. J’ai finalement choisi la formation d’éducatrice spécialisée.

En effet, au-delà du fait de me sentir utile aux autres, ce métier regroupe plusieurs points importants pour moi : ne pas être enfermée dans un bureau, travailler en équipe, avoir un large choix d’environnement professionnel et pouvoir laisser ma créativité s’exprimer.

Mais je crois aussi que ce sont des rencontres qui m’ont amenée à choisir ce métier. Lorsque j’étais enfant, passer du temps avec des personnes en situations de handicap m’a apporté une ouverture d’esprit, un rapport à l’autre empathique et cette volonté d’être utile pour la société. La notion d’injustice étant vive chez moi, il me paraissait important d’évoluer dans un milieu professionnel défendant des valeurs de justice sociale.


Comment s’est déroulée votre formation ?

Après un baccalauréat Science et Technique de la Gestion (STG) option Communication, j’ai passé le concours d’entrée à l’IRFASE d’EVRY pour intégrer la formation d’éducatrice spécialisée.

Il existe plusieurs possibilités pour effectuer cette formation : en voie directe, en apprentissage et en VAE qui est réservée aux salariés déjà en poste. Pour ma part, je suis entrée par la voie directe.

La formation dure 3 ans, avec des formations théoriques à l’école et des formations pratiques avec stages en milieu professionnel. Cela a représenté 2 jours de formation par semaine, 3 stages de deux mois de découverte et un de 9 mois à responsabilités.


Comme beaucoup d’étudiants j’ai cumulé cette formation à un emploi : après un premier stage de deux mois dans un Hôpital Psychiatrique, j’ai pu y travailler en tant qu’aide-soignante non-diplômée. En deuxième année je suis devenu maman. Avec le soutien de l’école j’ai pu faire un report de formation d’un an et reprendre en contrat d’apprentissage dans un Groupe d’Entraide Mutuelle (accueil de jour de personnes en situation de handicap psychique). Ce contrat d’apprentissage m’a permis d’effectuer cette formation dans de meilleures conditions. J’ai finalement obtenu le Diplôme d’Etat d’éducatrice spécialisée l’année suivante, en 2015.



Quels sont les débouchés ?

Il y en a beaucoup !


Pour commencer il y a plusieurs champs professionnels : le handicap et le social. Les établissements qui accueillent du public seulement de jour et d’autres qui sont des lieux de vie. L’éducateur peut travailler en tant que salarié ou en libéral. En autonomie ou en équipe. Ce métier donne la possibilité de travailler dans de nombreux domaines et avec des publics variés. Sans oublier les champs associatifs ou humanitaires.


Un grand nombre de postes sont à pourvoir dans le domaine de l’accompagnement. Pour donner quelques exemples concrets l’éducateur spécialisé appelé aussi ES peut travailler en structures (foyer de l’enfance, en IME – Institut Medico-Educatif, en hôpitaux de jour, centre de rééducation, …) au sein d’une équipe médico-socio-éducative, dans les maisons de quartiers ou chez les familles.



Comment définiriez-vous votre métier ?

C’est un métier indispensable et parfois méconnu. Le travail de l’éducateur est d’accompagner au quotidien des personnes en situation de handicap ou présentant des difficultés d’insertion professionnelle ou sociale. A travers des activités éducatives ou dans le quotidien, l’objectif est de les aider à devenir plus autonomes, à reprendre confiance en elles, à prévenir la délinquance ou autre, à favoriser leur insertion sociale et/ou professionnelle ou les accompagner dans leur vie d’enfant, adolescent ou adulte.


Le travail d’éducateur spécialisé s’effectue souvent en équipe pluridisciplinaire (psychologue, psychiatre, médecin, assistant de service social…), et est un métier de remise en question et de réadaptation permanente : il faut sans cesse ajuster sa pratique pour s’adapter aux besoins des personnes accompagnées.


Ce métier s’exerce de manière totalement différente selon le milieu professionnel et les moyens dont disposent les établissements. Comme dans tous les métiers il y a du positif et du négatif, mais accompagner au quotidien est une aventure humaine enrichissante et riche en partage.



A votre avis, quelle sont les qualités nécessaires pour être un bon éducateur spécialisé ?

Je pense qu’un bon éducateur doit être avant tout tourné vers les autres et bien dans ses baskets. L’ouverture d’esprit est indispensable et un travail sur soi est très fortement conseillé (thérapie, psychanalyse, hypnose, travail de développement personnel, …).


Si l’âge n’est évidemment pas un critère pour accompagner des personnes en difficultés, la maturité est indispensable. Il faut aimer travailler en équipe lorsqu’on exerce dans une structure car l’ES est un maillon d’une équipe pluridisciplinaire. Et à la fois être autonome.


Enfin, toutes les appétences personnelles sont des atouts, car l’éducateur est amené aussi à animer des activités au quotidien (activités artistiques, théâtre, cuisine, informatique, …). De ce fait, il faut être prêt à continuer à se former tout au long de sa vie professionnelle pour accompagner au plus près toutes les problématiques qui se présentent.



Qu’aimez-vous le moins … et le plus dans votre profession ?

C’est un métier difficile (avec des horaires compliqués quelquefois) et peu reconnu, donc peu rémunéré. De plus aujourd’hui, le plus dur est que les moyens sont soit insuffisants soit mal utilisés. Le management n’est pas adapté aux situations réelles et aux missions de l’éducateur spécialisé.

Repenser le fonctionnement de l’Aide Sociale à l’Enfance, de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, de l’inclusion du handicap dans notre société, … devient urgent pour tous les travailleurs du social et du handicap. En clair, les conditions de travail sont de plus en plus dégradées.

Mais, malgré ces difficultés, ce que j’ai le plus apprécié est d’avoir pu assister à des évolutions positives des personnes que j’ai pu accompagner. Les réussites, les sorties d’impasses, les changements de vie, les obtentions de diplôme, les insertions dans la société … sont des moments de grande satisfaction et de vrai bonheur.  

Pouvoir partager ces moments de vie est un privilège qu’on ne trouve pas dans tous les métiers, une aventure humaine que j’adore vivre au quotidien.

L’équipe atouKIDS, avec Doriane Patard, éducatrice spécialisée.


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